Acheter en un clic, recevoir en 24 heures, retourner sans frais… Le commerce en ligne a
révolutionné notre manière de consommer. Mais derrière cette promesse de rapidité et de
facilité se cache une réalité cachée : l’impact environnemental important du e-commerce.
Entre transport express, serveurs énergivores et emballages excessifs, chaque commande
alourdit notre empreinte écologique. À l’heure de l’urgence climatique, il devient impératif
de bien comprendre ces coûts pour consommer autrement.

I- Une logistique invisible… mais lourde de conséquences

Derrière chaque achat en ligne se cache une chaîne complexe : transport, entreposage,
traitement des données, dont l’empreinte carbone est souvent sous-estimée.

A- Le transport express : un accélérateur de pollution

Les plateformes de e-commerce misent sur la rapidité de livraison comme principal argument
marketing. Mais cette promesse à un prix : le recours massif au transport aérien, aux
camionnettes individuelles ou encore à des trajets non mutualisés.
L’ADEME souligne que les émissions liées à un milliard de colis livrés par an en France
dépassent le million de tonnes de CO₂ .

En outre, l’Agence montre que si l’achat en ligne via un transport aérien ou non optimisé
entraîne un bilan carbone élevé, une livraison sans suremballage et optimisée peut être plus
compétitive qu’un déplacement individuel vers un magasin.
L’ADEME met également à disposition un simulateur en ligne (“Impact Livraison”)
permettant d’évaluer précisément l’impact CO₂ de chaque commande selon le type de
produit et le mode de livraison.

B- Des entrepôts peu efficients et mal implantés

La gestion des commandes en ligne repose sur de vastes entrepôts logistiques, souvent
automatisés. Ces infrastructures consomment une grande quantité d’électricité.
Ces entrepôts sont aussi situés à l’écart des centres urbains pour des raisons de cout foncier,
ce qui allonge les distances entre le stockage et le consommateur final. Cette délocalisation
des centres urbains, rallonge les trajets de livraison et augmente les émissions globales.

II- L’emballage numérique et physique : un impact souvent ignoré

Au-delà de la livraison, l’impact écologique du commerce en ligne se joue aussi dans les
emballages et le fonctionnement des infrastructures digitales.

A- Le poids énergétique du cloud et des données

Chaque commande en ligne transite par des milliers de serveurs hébergés dans des data
centers. Ces centres numériques fonctionnent 24h/24 et consomment d’énormes quantités
d’électricité pour faire tourner les machines et les refroidir.
En 2022, les data centers consommaient jusqu’à 340 TWh/an selon l’AIE (Agence
internationale de l’énergie), soit l’équivalent de la consommation électrique du Royaume-
Uni.
Les grandes plateformes hébergent des milliards de données : historique d’achats,
recommandations, suivi de livraison, etc.
Malgré les efforts pour passer aux énergies renouvelables, une part importante de cette
électricité provient encore de sources fossiles.
Un rapport Greenpeace (« Clean Cloud 2024 ») met en évidence que ces infrastructures
représentent une part importante des émissions indirectes (Scope 2) des géants
technologiques : beaucoup restent dépendants de sources non renouvelables et peu
transparentes.

B- Suremballages excessifs et production de déchets

L’un des aspects les plus visibles de l’e-commerce est le suremballage. Produits livrés dans
des boîtes surdimensionnées, plastique à bulles, calages en mousse… La plupart des colis
sont conçus pour protéger vite et standardiser les expéditions, sans réelle optimisation.
Une étude menée par DS Smith et Forbes Insights (2018) révèle que les colis peuvent
contenir jusqu’à 60 % de vide, un gaspillage qui augmente le volume transporté et les déchets
générés.
Le retour gratuit, souvent proposé par défaut, implique une double consommation
d’emballage : un pour l’envoi, un pour le retour.
Enfin, beaucoup de ces matériaux sont mal triés ou non recyclables, aggravant la pression sur
les centres de tri et les décharges. Une charte signée en France en 2021 vise à réduire ces
volumes pour au moins 75 % des envois d’ici fin 2024.

L’e-commerce, perçu comme “propre” parce qu’immatériel, n’échappe pas aux réalités
écologiques : transport accéléré, emballages massifs, centres de données énergivores…
Ignorer ces coûts, c’est entretenir une consommation sans conscience. Pour réagir :
privilégier les livraisons groupées, éviter le retour systématique, choisir des modes de
transport optimisés, favoriser click and collect ou circuits locaux. L’enjeu n’est plus de
consommer mieux, mais de consommer en conscience.

SOIURCE :

ADEME – simulateur et étude sur empreinte CO₂ :
https://agirpourlatransition.ademe.fr/particuliers/conso/mode/calculez-impact-livraison-colis  

ADEME/CGDD – comparaison e-commerce vs magasin physique :
https://www.notre-environnement.gouv.fr/actualites/breves/article/le-commerce-en-ligne-presente-t-il-un-meilleur-bilan-carbone  

Zero Waste France – rapport 2024 sur surproduction/env. et emballages :
https://www.zerowastefrance.org/2024-retour-sur-une-annee-dactions/  

Greenpeace – Clean Cloud 2024 sur consommation électrique & émissions data centers :
https://www.greenpeace.org/static/planet4-eastasia-stateless/2024/07/66902935-clean-cloud-
2024-for-embargo.pdf  

Le Monde / DS Smith & Forbes – enveloppes suremballées et conflits dans les poubelles :
https://www.lemonde.fr/m-perso/article/2024/09/14/comment-le-carton-a-envahi-nos-vies