Le mercredi 20 mars environ 15h25, un incendie s'est déclaré sur la plateforme Becuna du site offshore Tchatamba de Perenco Oil & Gas Gabon. Il y a cinq décès dans l'équipe de l'unité de travail temporaire P115 et la disparition d'une sixième personne. Les sept autres occupants de l'installation lors de l'accident ont pu être évacués après avoir réussi à éteindre les flammes.

Le feu, qui a également fait deux blessés, s’est déclaré en milieu d’après-midi sur la plateforme appelée Becuna. L’incendie est maîtrisé et tout le personnel encore présent sur la plateforme a été évacué, assure Perenco dans un communiqué publié dans la nuit de mercredi à jeudi. La compagnie ajoute que cinq individus sont actuellement portés disparus, sans fournir davantage de détails, et ne mentionne pas non plus, à ce stade, la cause du sinistre. La plateforme Becuna se trouve sur la côte sud-est du Gabon, au large du terminal pétrolier de Tchatamba.
Alors qu'une investigation a été lancée afin de déterminer les circonstances de cet accident dramatique et que l'opinion se demande toujours ce qui a bien pu se passer, l'Organisation nationale des employés du pétrole (Onep), qui affirme que le drame s'est produit lors d'une opération de travail sur le puits Simba-3, a évoqué les causes probables le 24 mars dans une déclaration.


Présence à proximité de la tête du puits d’équipements ayant servi de source d’ignition

La perte de contrôle sur un puits éruptif avec défaillance des barrières principales est mentionnée par l'Onep. Dans cette perspective, l'organisation mentionne une mauvaise gestion de l'équilibre hydrostatique en injectant de l'eau de mer ainsi que des additifs, une utilisation discutable des blocs d'obturation (Bop-Blowout preventer), ainsi que la lenteur de la sécurisation du puits, car l'unité P115 tournait avec un seul treuil au moment de l'accident. Selon l'Onep, « des unités de ce type doivent être équipées de deux treuils afin d'installer la Kelly valve (vanne) en cas d'urgence ».

Selon l'Onep, il est également mentionné que la décision de fermer les blocs d'obturation n'a pas été prise car l'unité attendait l'autorisation du superintendant workover basé à Port-Gentil. Selon l'Onep, il est également mentionné que des équipements thermiques (Power pack) sont présents à proximité de la tête de puits, ce qui peut être une source d'ignition et provoquer une explosion en cas de contact avec un nuage de gaz. De plus, les travailleurs précaires hésitent à exercer leur droit de retrait face à l'imminence du danger mortel.

Qu'en est-il des morts?

D'après l'Onep, ils étaient préoccupés par le fait de ne pas voir leur contrat renouvelé le mois suivant d'après le superviseur workover Perenco. Les actions en hommage aux victimes sont prévues par l'Onep, qui exprime son regret et sa détresse face à ce drame, le 29 mars. Parmi les mesures prévues, il y aura un arrêt de travail de deux heures (7h30-9h30) dans toutes les installations pétrolières du Gabon, ainsi qu'une grande marche à partir de 7h30 de tous les employés des sociétés pétrolières et des activités connexes en poste à Port-Gentil.

Parmi ceux qui ont perdu la vie, on retrouve un superviseur de travail expatrié de la société Perenco, un driller camerounais employé par SPIE OGS avec un agrément et disponible chez Perenco, ainsi qu'un assistant driller à Perenco. Un contrat à terme incertain a été conclu avec SPIE OGS, qui a été mis à disposition chez Perenco.Trois sondeurs ont été mis à disposition pendant un mois par les prestations CII et SNPS auprès de SPIE OGS, puis par SPIE OGS chez Perenco. Un blessé est actuellement placé dans un centre médical à Port-Gentil, selon l'Onep.