INTRODUCTION

La Convention de Bonn pour la protection des espèces migratrices ne semble pas avoir changé la donne quarante ans après son adoption, selon les conclusions du rapport de l'ONU. Le secrétariat onusien du traité publie un rapport qui recense les mesures insuffisantes prises par les pays signataires. La 14e réunion des pays signataires de la Convention de Bonn, un traité international de 1979 pour la conservation des espèces animales migratrices (CMS), a commencé le lundi 12 février à Samarcande en Ouzbékistan.

Il est nécessaire que cet événement présente un bilan des mesures prises dans ce sens de 2015 à 2023 et conduise à l'adoption d'un nouveau plan stratégique de 2024 à 2032. Le risque d'extinction ne cesse de croître pour la majorité des espèces migratrices à travers la planète. Albatros, tortues ou esturgeons: la situation d'espèces migratrices, pourtant essentielles à l'équilibre de la nature se détériore, alerte d'un rapport inédit publié lundi sous l'égide de l'ONU. "Les espèces migratrices sont frappées durement", déplore la patronne de l'ONU-Environnement Inger Andersen.

Parmi les espèces répertoriées par la Convention de Bonn de 1979 sur la conservation des espèces migratrices appartenant à la faune sauvage, une sur cinq est menacée d'extinction et 44% voient leur population décroître. Quasiment toutes (97%), parmi les 58 espèces de poissons répertoriées, sont menacées d’extinction, à l'image de certains requins.

I – UN CLIMAT TRIBUTAIRE DE L’ACTIVITE HUMAINE

"Il s'agit de défis créés par l'homme et qui ne peuvent être résolus que par l'homme", souligne Matthew Collis, du Fonds international pour la protection des animaux (IFAW) dans un communiqué. Le rapport met également l'accent sur l'impact du changement climatique non seulement en tant que menace directe, mais aussi en tant que facteur « amplificateur » d'autres menaces, telles que la pollution et les espèces invasives. Le rapport indique que l'évolution des températures peut entraîner l'arrivée d'espèces migratrices trop précoces, trop tardives ou inexistantes, ce qui entraîne une augmentation significative des effets du changement climatique sur la biodiversité au cours des prochaines décennies.

De plus, les ratios entre les sexes peuvent être affectés par des températures plus élevées, notamment chez les tortues de mer, dont le sexe est déterminé par la température. Parce qu'il existe des obstacles et que les habitats dont ces animaux ont besoin peuvent être sous pression, le phénomène de migration lui-même est en danger. Amy Fraenkel, la secrétaire exécutive de la Convention, met en évidence cela auprès de l'AFP.

Du 12 au 17 février, la cité historique de Samarcande en Ouzbékistan abrite une conférence (COP14) qui rassemble plus de 130 pays du monde entier, y compris les Etats-Unis et la Chine. Ils examineront le sort de ces espèces migratrices, qui incluent des animaux tels que les tortues marines, les baleines et les requins, les éléphants et les espèces de chats sauvages, ainsi que de nombreux oiseaux.

II - UN AVENIR EN DANGER

Les menaces qui pèsent sur ces animaux sont directement liées à l'activité humaine : perte, dégradation ou fragmentation des habitats en raison principalement de l'agriculture intensive ou de l'exploitation excessive par la chasse et la pêche, ainsi que du changement climatique. Les animaux sont également exposés à des facteurs tels que les polluants tels que les pesticides et les plastiques, ainsi que les sons sous-marins ou les lumières qui les perturbent. Inger Andersen souligne que ce rapport démontre que l'avenir des espèces migratrices est en danger par les activités humaines non-durables. Elle met l'accent sur les créatures qui ne sont pas seulement des indicateurs des changements environnementaux, mais qui contribuent également au maintien des écosystèmes complexes de notre planète et à leur résilience.

En effet, ces espèces fournissent de nombreux services, tels que la pollinisation, le transfert de nutriments d'un environnement à l'autre ou l'élimination de nuisibles. Par exemple, dans certains pays, les chauves-souris aident les manguiers ou les papayers à se propager en pollinisant les fleurs et en dispersant les graines. Le rapport ne s'arrête pas sur ce triste constat, mais demande également une collaboration internationale pour soutenir les animaux qui, par nature, ne connaissent pas de frontières et peuvent parfois voyager des milliers de kilomètres.

Comme le papillon monarque, qui a la capacité de parcourir 4.000 km en Amérique du Nord. Selon Matthew Collis du Fonds international pour la protection des animaux (IFAW), il s'agit de défis qui ont été créés par l'homme et qui ne peuvent être résolus que par l'homme. Il est de notre devoir commun de garantir que ces animaux puissent suivre les chemins migratoires longs de leurs ancêtres pour leur survie et pour les services importants qu'ils fournissent à l'humanité, car ces animaux ne connaissent pas de frontières. Les idées présentées lors de la conférence de Samarcande sont également en accord avec l'accord de Kunming-Montréal sur la biodiversité, conclu en 2022, qui vise à préserver 30 % des terres et des mers de la planète d'ici 2030. Les auteurs appellent ainsi à "identifier, protéger, connecter et gérer les sites importants pour les espèces migratrices".