L’échelle INES est l’échelle internationale des événements nucléaires et radiologiques. Mise en place en 1991, elle constitue un outil d’information et un repère pour les médias et le public, indiquant la gravité des évènements nucléaires ou radiologiques.

Cette échelle comporte huit niveaux qui vont de 0 à 7 :

Les événements de niveau 0, même s’ils font apparaître des écarts par rapport au fonctionnement nominal, n’ont pas d’incidence en termes de sûreté ;

Les événements de niveau 1 à 3 sont qualifiés d’« incidents », car ils n’ont pas de conséquence significative sur les populations et l’environnement ;

Les événements de niveau 4 à 7 sont qualifiés d’« accidents ».



Fonctionnement technique ou scientifique



L’échelle INES fixe trois critères pour classer les incidents ou accidents nucléaires et radiologiques :

Les conséquences hors du site : il s'agit d’évaluer les impacts éventuels des rejets radioactifs sur les personnes et l’environnement. À titre d’exemple, l’accident de Tchernobyl (1986) en Ukraine a été classé au niveau 7 ;

Les conséquences à l’intérieur du site : il s’agit d’évaluer les impacts éventuels de l’exposition du personnel à la radioactivité ou encore les dommages subis par les installations nucléaires et les barrières de confinement. L’accident de Three Mile Island (1979) aux États-Unis qui a entrainé des dommages importants au réacteur mais sans rejet radioactif hors du site a été classé au niveau 5 ;

La dégradation de la défense en profondeur : il s’agit d’évaluer les conséquences potentielles ou indirectes des incidents ou accidents n’ayant aucun impact direct sur l’environnement ou le site. Ce critère prend en compte les détériorations des fonctions de sûreté (ex : refroidissement du combustible, quantité des lignes de défense disponibles). L’incident le plus grave est celui de la centrale nucléaire de Vandellos en Espagne où, en 1989, un incendie s’était déclaré dans la salle des turbines. Il a été classé au niveau 3.

La classification selon l’échelle INES n’est pas uniquement basée sur la gravité avérée ou non d’un incident ou accident nucléaire. Elle prend également en compte les causes racines de l’événement anormal et le nombre de barrières de défense en profondeur restant opérantes.

Il faut souligner que c’est l’exploitant des installations qui analyse l’événement anormal, le déclare et propose un niveau de gravité aux autorités nucléaires nationales. Celles-ci peuvent requalifier le niveau de l’incident ou de l’accident et ensuite déclarer ces informations à l’AIEA (l'Agence Internationale de l'Energie Atomique).



Enjeux par rapport à l'énergie



L’échelle INES est un outil international d’évaluation et d’information :

Elle peut faciliter la perception de l'importance des incidents et des accidents nucléaires par les gouvernements, les médias et le public ;

Elle peut s’appliquer à tout incident ayant lieu dans les installations nucléaires de base civiles ou lors des transports de matières radioactives.

À ce titre, elle est un élément substantiel de la construction d’un rapport de confiance entre les populations et les acteurs du nucléaire.

Le classement de l’échelle INES reste cependant trop tributaire des autorités nationales. En effet, comme mentionné plus haut, les autorités nucléaires nationales peuvent requalifier le niveau de l’événement déclaré par les exploitants des installations. Par ailleurs, dans certains États, les autorités de contrôle peuvent être sous l’influence des politiques.



Acteurs majeurs



Les acteurs qui participent au développement de l’échelle INES sont les suivants :

L’AIEA (Agence Internationale de l'Energie Atomique) et l’AEN (Agence de l’OCDE pour l'Energie Nucléaire) : ces deux organisations ont joué un rôle central dans le développement et l’utilisation de l’échelle INES ;

L’ASN (Autorité de Sûreté Nucléaire) : cette autorité administrative française a grandement participé à la formation et au développement de l’échelle INES. Elle a également contribué à l’incorporation des incidents de transport de matières radioactives dans l’échelle INES.



Unités de mesure et chiffres clés



En France, entre 1986 et 2006, sur plus de 10 000 événements déclarés par EDF (Electricité de France) à l'autorité en charge de la sûreté nucléaire, la plupart ont été considérés hors échelle INES ou au niveau 0. 1 615 incidents ont été classés au niveau 1 et 59 au niveau 2. Trois événements ont été classés au niveau 3 et un seul au niveau 4.

Entre 1991 et 2006, l’Allemagne a déclaré plus de 2 200 évènements classés niveau 0 ou hors échelle. 72 événements ont été déclarés au niveau 1 ou au-dessus.

Au cours de la même période, la NRC (Nuclear Regulatory Commission) des États-Unis, l’équivalent de l’ASN en France, n’a déclaré à l’AIEA et classé sur l’échelle INES que 22 événements nucléaires anormaux, dont 6 hors échelle, 7 au niveau 0, 5 au niveau 2 et 1 au niveau 3.