Les économies d’énergie sont une des clefs de la lutte contre le réchauffement climatique. Pour arriver à cet objectif certaines villes ont opté pour la fin de l’éclairage public pendant la nuit. Bonne ou mauvaise idée ?

Depuis ce 1er août, onze quartiers de la ville de Rouen sont plongés dans l’obscurité entre 1 heure et 5 heures du matin. Cette décision fait suite à l’expérimentation de l’extinction de l’éclairage public la nuit d’un des quartiers de la ville, qui avait été lancée en 2019.

Une étude « très positive », selon la municipalité. « Elle a permis d’économiser de l’énergie et de l’argent public, sans impact négatif sur la sécurité. Elle contribue également au développement de la biodiversité », a-t-elle indiqué dans un communiqué publié lundi.

À la vue de ces résultats, la Ville de Rouen a certes décidé d’étendre son dispositif d’optimisation de l’éclairage public mais cela se fera « progressivement », a précisé le maire Nicolas Mayer-Rossignol. Ainsi, depuis le début du mois d’août, onze quartiers de Rouen sont concernés par cette expérimentation, soit environ un quart du territoire communal. L’hyper centre et mes quartiers dits « prioritaires politiques de la Ville » ne sont pas concernés par cette politique énergétique.

Toujours selon la Ville de Rouen, ce dispositif dispose de plusieurs avantages : une meilleure protection de la biodiversité d’abord, mais aussi la réalisation d’économies à la fois d’énergie et d’argent public. La mairie avance un chiffre de 100 000 euros d’économie qui seront réinvestis dans des projets pour les locaux. En outre, l’expérimentation n’a « démontré n’avoir aucun effet négatif sur la sécurité des biens et des personnes », a-t-elle ajouté dans son communiqué.

La question de la sécurité est relative car aucun chiffre précis n’a été avancé par la mairie de Rouen. Cette politique est peut-être adaptée à certains quartiers de Rouen mais on imagine mal cette politique menée à l’identique dans une ville très criminogène.

Ce débat clivant sur l’extinction de l’éclairage public durant la nuit illustre l’énorme retard de la France dans l’utilisation des nouvelles technologies à destination de la lutte contre le réchauffement climatique. En effet, la solution la plus efficace pour l’environnement et la sécurité n’est ni l’extinction totale ni l’éclairage totale mais la mise en place d’un éclairage automatique qui se déclenche uniquement en cas de présence. Cette solution nécessite une volonté politique ferme et un grand travail de pédagogie auprès des citoyens.